Henry Chabert, 25 ans au service de sa ville

La dernière fois que nous avons croisé sa silhouette à la fois discrète et élégante, c’était en septembre, lors de la fête de rentrée des Républicains.

Nul ne se doutait alors qu’on ne le reverrait plus entre Saône et Rhône, dans cette ville à laquelle il a consacré 25 années de sa vie. Tous ceux qui s’intéressent à l’histoire récente de la ville le savent : sans Henry Chabert, Lyon n’aurait pas tout à fait le même visage.

 

Il fut pendant deux mandats (de 1989 à 2001) un adjoint à l’Urbanisme à la fois volontaire et passionné. Sans prétendre faire le tour de toutes les réalisations qui portent sa marque, on rappellera qu’on lui doit la réhabilitation de la rue de la République, la création de plusieurs parcs, la rénovation de nombreuses places et espaces publics (Terreaux, Antonin Poncet, Bourse pour n’en citer que quelques unes), la réalisation de la Cité internationale, la mise en lumière de la cité et la renaissance du 8 décembre. C’est lui qui, en 1998 sous la mandature de Raymond Barre, imagine le premier Festival Lumière qui se développera sous Gérard Collomb avec le succès que l’on sait. Emmanuel Hamelin qui fut son suppléant (puis son successeur à l’Assemblée Nationale) rappelle qu’il est aussi à l’origine du projet d’aménagement de ce qui est aujourd’hui la Confluence.

 

Proche de Michel Noir, Henry Chabert décroche son premier mandat lors des municipales de 1983. ll est alors élu dans le 9e arrondissement. Six ans plus tard, la victoire de la liste RPR lui permet de se consacrer pleinement à sa passion pour l’urbanisme que ce soit à la ville ou à la Communauté urbaine. La même année 1989, il est élu député au parlement de Strasbourg ; il ne ménagera pas ses efforts pour faire partager localement ses profondes convictions européennes. Il multiplie les initiatives. Les Lyonnais furent alors des dizaines de milliers à se presser place Bellecour pour découvrir les crèches de Cracovie.

 

En 1995, après le retrait d’un Michel Noir empêtré dans les affaires de son gendre Pierre Botton, Henry Chabert reprend le flambeau. La liste qu’il mène fait presque jeu égal avec celle de Raymond Barre. Au second tour, il fait alliance avec l’ancien Premier ministre. Il conserve ses fonctions d’adjoint à l’urbanisme, mais le courant ne passe pas vraiment entre les deux hommes. Barre se méfie depuis toujours du RPR. Qu’importe ! Chabert qui n’a pas été investi par son parti se fait néanmoins élire député de la Croix-Rousse aux législatives de 1997. Un succès d’autant plus marquant que le candidat officiel du RPR Marc Fraysse était alors largement soutenu par Raymond Barre et son premier adjoint Christian Philip.

 

A l’Hôtel de Ville, certains s’acharneront à le faire trébucher. On ne reviendra pas sur ses ennuis judiciaires. On se rappellera toutefois que son intégrité en tant qu’élu n’aura jamais été prise en défaut.

 

Quelques années plus tard, il tentera sans succès de relancer sa carrière politique du côté de Villeurbanne ; d’abord aux législatives de 2007 puis l’année suivante aux municipales ce qui lui permettra de siéger au conseil communautaire jusqu’en 2014.

 

On aurait toutefois tort de résumer sa carrière à la seule politique. A l’inverse de nombre d’élus, Henry Chabert a eu une vie professionnelle bien remplie. Il fut notamment un cadre dirigeant d’une filiale de BSN, le groupe dirigé par la famille Riboud et qui ne s’appelait pas encore Danone.

Rédigé dans Politique le 18/01/2017 à 10h19

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