Ce que Gérard Collomb avait promis pour Lyon, et que vous ne verrez pas

À la mi-mandat, on connaît déjà les projets qui ne verront pas le jour à Lyon.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis les grandes promesses de 2014. La campagne électorale des municipales s’est heurtée à la dure réalité. Le plan piscine, lui aussi, a coulé. Gérard Collomb promettait 3 000 m2 supplémentaires de bassins. Il reste à peine 3000 mètres cubes et encore... Certes la piscine du Rhône a été rénovée pour devenir la plus chère de France, à 8 euros l’entrée. Mais la piscine de Gerland a mis le feu à la rue du Lac. D’abord programmée dans le plan de rénovation, elle a été supprimée de la liste, cédée au LOU et fermée. Avant d’être annoncée rouverte provisoirement pour l’été prochain et peut-être d’autres encore, devant la bronca organisée par l’opposition additionnée des centristes. À la fin, elle sera quand même concédée au LOU Rugby et Gérard Collomb cherche un partenaire privé qui puisse tenir ses promesses à sa place et porter un nouveau projet de piscine.

 

Aux calendes grecques l’Anneau des Sciences vendu à grands renforts de communication. "Déjà promis en 2001", souligne le leader de l’opposition Stéphane Guilland, "on l’attend au mieux en 2030", c’est à dire... lors du cinquième mandat de Collomb. Une belle usine à gaz qui accueillerait à la fois les modes doux, les modes durs et les modes mi-durs, mi-mous comme les transports collectifs. Enterré pour faire plaisir aux écolos, coûtant au bas mot 2,5 milliards, soulevant l’opposition forcenée des maires des communes de l’ouest, le projet ne devait voir le jour que s’il s’accompagnait du Grand Contournement Ouest de Lyon, promis-juré par Collomb. Mais comme on n’a pas la première queue de radis pour financer le COL, pas plus que pour financer le prestigieux Anneau des Sciences, les calendes grecques feront bien l’affaire en attendant.

 

Retirée sur la pointe des chaussons la Nouvelle Maison de la Danse. Elle avait pourtant été promise à Dominique Hervieu, c’était même un argument décisif pour la faire venir à Lyon en 2011. Elle devait s’installer à la Confluence dans un nouveau palais de 100 millions d’euros, prix de départ. Las, l’opposition s’est emparée du sujet, dénonçant une politique qui déshabille un arrondissement populaire, le 8e, pour sur-habiller un arrondissement déjà bien équipé, le 2e. Grâce à un sens de l’entrechat qui force le respect, l’équipe Collomb s’est rabattue sur un projet d’amélioration de la Maison existante ce qui ne résoudra pas le problème du manque de places, environ 200 à 300 selon Les Républicains et du manque de profondeur de scène, environ dix mètres. Mais bon, en contrepartie l’ancien Musée Guimet devrait être aménagé en salle de répétition, ce qui permettra aux danseurs de découvrir les joies des navettes en bus. Mais, là encore, il faut prendre son mal en patience.

 

Enterré sans tri sélectif : le métro ouvert jusqu’à deux heures du matin le week-end. Il pouvait permettre aux fêtards de rentrer chez eux dans de bonnes conditions sans être obligés d’attendre la reprise du trafic à 5 heures en continuant de faire monter leur taux d’alcoolémie. En vrac aussi la filière bio-gaz qui n’évoque rien à personne. RIP, le remonte pentes à vélo, cité par les écolos dans les regrets éternels. Il devait permettre de grimper à la Croix Rousse. Et enfin le renforcement de la démocratie participative dont la simple évocation fait rigoler tout le monde de l’opposition de droite à l’opposition de gauche.

 

Dans le groupe Lyon Citoyenne et Solidaire, on tient la liste des projets du 1er arrondissement qui se sont faits par-dessus la tête des élus locaux et des conseils de quartier : le Bon Pasteur, la fermeture des bains douches, l’École des Beaux Arts… Rien n’est encore perdu.

 

Toujours avare de liquidités Collomb avait promis une baisse de la facture d’eau de 20%. Promesse à peu près tenue. À la faveur d’une nouvelle concession de distribution accordée au groupe Véolia de nouvelles conditions de facturation avaient été négociées à partir de février 2015. L’abonnement passait de 65 à 43,5 euros (-33%) et le mètre cube de 1,27 à 1,09 euro (-14%). Dans le même temps Véolia prenait le nom de "Eau du Grand Lyon" pour consoler les écolos qui rêvaient d’une régie publique. Résultat des courses : il y a bien eu baisse, mais avec des disparités importantes selon qu’on consomme beaucoup ou peu.

Selon Gérard Claisse à l’époque, Lyon se positionnait : "au troisième rang des agglomérations de plus de 400 000 habitants où le prix de l’eau est le moins élevé". En même temps, comme il n’y a que quatre villes de plus de 400 000 habitants en France, cela revient à dire : avant dernier.

 

Enfin, il ne faut jamais oublier de mentionner les promesses qui n’ont jamais été faites et qui seront peut-être tenues quand même. Ainsi la Cité de la Gastronomie dans laquelle Collomb s’est tout d’abord engagé en freinant des quatre fourchettes verra bel et bien le jour à l’horizon 2017-2018. Il est vrai que le projet a été confié au privé, ce qui explique l’absence de retard. Mais cela redonne de l’espoir au Musée des Tissus pour lequel rien n’a été promis non plus et qui n’est pas à l’abri d’une guérison miraculeuse.


Rédigé dans Politique le 20/03/2017 à 07h48

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