Face aux violences, les élèves du collège Paul Éluard de Vénissieux jouent les médiateurs

Dans ce collège classé en ZEP du quartier des Minguettes à Vénissieux, une initiative originale propose aux élèves de devenir les médiateurs de leur école.

L'éducation n'est pas toujours chose aisée. Elle est même parfois particulièrement compliquée. Les violences en tous genres peuvent être le lot quotidien des enseignants et des jeunes. Mais pour lutter contre ces violences, une initiative originale et prometteuse est à l'essai au collège public Paul Éluard de Vénissieux.

 

Depuis le début de l'année 2017, Jean-Marc Segoun, doctorant en sciences politiques mais surtout assistant d'éducation au collège Paul Éluard, a créé le "Club des ambassadeurs de la paix". Entièrement composé d'élèves du collège, ce groupe a pour objectif de limiter les confrontations violentes entre élèves – voire même entre professeurs et élèves – en jouant la carte de la médiation.

 

Aujourd'hui, ce sont une vingtaine de jeunes du collège qui œuvrent en tant que médiateurs dans la cour de récréation, dans les bâtiments, mais aussi parfois en dehors de l'établissement. Pour Jean-Marc Segoun, "l'idée du projet est partie d'un constat explique-t-il. Il y a des actes récurrents de violences verbales ou physiques entre les élèves ou avec les professeurs".

 

"Outiller les enfants"

 

Spécialiste de la médiation (Lyon Médiation et TiersMedia) et partie prenante du projet, Bruno Wegelin a "été très séduit par la démarche initiée. […] C'est une démarche totalement inédite et humaine". Et pour cause. Ici, ce sont les élèves qui prennent les rênes lors des confrontations pour calmer les esprits. Pour Bruno Wegelin, "Il faut que les élèves se familiarisent avec ce processus qu'est la médiation". Et d'ajouter que ces jeunes sont "la suite de la société que l'on souhaite construire. Si l'on veut qu'elle soit moins conflictuelle, ça commence par l'école."

 

Pour Betty, élève de 3è, "l'objectif c'est de rester dans un climat serein et de trouver la meilleure issue pour que les personnes en conflit s'entendent mieux". Et pour arriver à leurs fins, les élèves peuvent compter sur Monsieur Segoun, qui leur a proposé des formations à la gestion et à la résolution des conflits dans le but de les "outiller". "Je me suis rendu compte qu'il fallait accompagner les enfants" explique-t-il. Et ils sont nombreux, parmi les classes du collège, à avoir adhéré au projet.

 

De son côté, Betty n'est pas la seule à voir du bon dans cette initiative. Pour son camarade, "plutôt que de se taper, c'est mieux de parler lâche-t-il. C'est plus mature et moins bête." Et la vingtaine de médiateurs n'en manque pas, de maturité. Même si on les sent encore un peu hésitants, il ne fait nul doute que l'envie d'apaiser les tensions est là et que les jeunes comprennent assez bien leur mission.

 

Séparés en deux groupes – les groupes Mandela et Malcolm X –, les élèves du collège Paul Éluard sont motivés. Selon Betty, ils parviendraient à résoudre environ les deux tiers des conflits grâce à la médiation.

 

Une très belle initiative donc, qui en plus d'être vertueuse permet à ces jeunes de retrouver une certaine confiance et reconnaissance dont ils manquent parfois.


Rédigé dans Education le 09/05/2017 à 17h51

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